))))))))))))))))))))))))) exposition

Le Bol

Lieu de mise en espace de projets artistiques


Maison Bourgogne
108, rue de Bourgogne
45 000 Orléans


Du 17 au 24 février 2007

 

communiqué de presse (pdf - 168Ko)

 


Cimetière
François de Singly

 

Il n’y a plus de saison ! Nous sommes en février, rue de Bourgogne à Orléans et nous nous rendons dans un cimetière. De longs couloirs avant d’arriver aux tombes de la civilisation, dessinées par Nicolas Royer. Là de petites dalles, en couleurs, violemment mais irrégulièrement éclairées par des néons. Ici reposent les déchets. Un sac poubelle qui déborde, des emballages perdus, du polyuréthane à profusion. Formes sans signification. On se recueille, on cherche dans sa mémoire des souvenirs des bons moments autour de la table à manger tout ce qu’on avait déballé, on a oublié, qu’importe, il suffit de recommencer, les temples de la consommation nous attendent encore et encore.
Eclatent alors des sons. Comme des déchets de la vraie vie, des portes et des soupirs, mis en musique par Paul Laurent. De temps en temps la bande s’emporte et l’orage gronde. C’est le rappel d’une menace possible, les lendemains qui ne chanteront plus, la croissance finissant dans le caniveau. Point de lune et pas de romantisme, le néon cru pour souligner, comme dans un étal de supermarché, la fraîcheur des produits exposés ; ce ne sont pas de vieux emballages, la tentation du vintage n’est pas au rendez-vous. Le cimetière n’est pas une brocante : le père Lachaise a chassé papy Brossard et mamie Nova.
Nous sommes des morts vivants, maintenus en survie artificielle par des fils, par des perfusions (pas encore sponsorisés) qui traînent sur le sol laqué gris. Des fils ou des vers qui grouillent ? Qui s’avancent pour sonner la décomposition. Nous sommes en-glu-és dans le trop de produits – tel est le titre de l’exposition, glu-xx.
Cette suite à la Suite au Kebab, présentée dans la collégiale Saint-Pierre Le Puellier, met en espace l’u-topie de la décroissance. Ce qui nous menace ne vient pas du Sud ou de l’Orient. Le mythe du progrès a dérivé en pro-gras, à tel point que le light est proposé en carême permanent pour ceux et celles qui veulent résister sans renoncer à Satan des mac-carrefours. L’inconsistant s’associe en alternance au léger et au lourd, tout pour oublier les Lumières. Soyons fous, soyons déraisonnables, reprenons encore un triple hamburger ! A ta santé !
Nicolas Royer n’est pas idéologue, c’est un artiste. Il vide les poubelles sur nos têtes, nous laissant nous demander ce qui arrive, ce qui nous arrive. D’où un certain désappointement quand on arrive au cimetière de la Glu-xx. Et quand on en repart, secoué par la musique de Paul Laurent et l’installation de Nicolas Royer, on n’est pas fier, persuadé que la beauté ne peut être qu’intérieure.

Février 2007

# Cimetière, texte de François de Singly (pdf - 44Ko)

# dossier complet, avec textes et images (pdf - 535Ko)

# le mur dans le miroir (vidéo de l'exposition)

# Paul Laurent (echoecho)

 
 

 

photographies, © nicolas royer

retour